Sommaire de l'article
- Gyumri : la ville meurtrie et ressuscitée
- Le quartier de Kumayri
- Plplan Zham et la forteresse noire
- Le musée Dzitoghtsyan
- Marmashen : le monastère sur la rivière
- Harichavank : le monastère du Shirak oriental
- Le plateau du Shirak : l’Arménie des vents
- Itinéraire 2-3 jours dans l’ouest de l’Arménie
- Jour 1 : Erevan → Gyumri (environ 120-130 km)
- Jour 2 : Marmashen et le nord du plateau
- Jour 3 : Harichavank et retour vers Erevan
- Informations pratiques
- Comment se rendre dans l’ouest de l’Arménie ?
- Où dormir ?
- Budget estimé pour 2-3 jours
- Quand visiter l’ouest de l’Arménie ?
- Pour aller plus loin
L’ouest de l’Arménie est peut-être la région la moins connue des voyageurs étrangers — et pourtant l’une des plus authentiques. Dominé par le vaste plateau du Shirak, balayé par des vents souvent glacés en hiver mais d’une lumière somptueuse au printemps, il s’organise autour de Gyumri, deuxième ville du pays, qui porte en elle toute la fierté et la blessure de l’Arménie contemporaine. Autour, quelques-uns des monastères les moins fréquentés du pays, un artisanat vivace, et des paysages agricoles à perte de vue qui contrastent avec les gorges et les forêts du nord ou du sud.
Si vous ne visitez Gyumri qu’en escale d’une journée sur la route d’Erevan, vous repartirez avec l’impression d’avoir effleuré quelque chose de profond. Avec 2 à 3 jours, vous aurez le temps de comprendre.
🏙️ Gyumri : la ville meurtrie et ressuscitée

Gyumri est une ville qui porte l’histoire arménienne à vif. Deuxième agglomération du pays (environ 100 000 à 120 000 habitants aujourd’hui, contre environ 220 000 à 225 000 avant le tremblement de terre de 1988), elle fut successivement appelée Alexandropol sous l’Empire russe, puis Leninakan à l’époque soviétique, renommée Kumayri en 1990 (l’ancienne forme du nom), puis Gyumri en 1992 lors de l’indépendance arménienne. Pendant des décennies, elle fut l’une des villes industrielles les plus importantes de la Transcaucasie soviétique.
Le 7 décembre 1988, un séisme de magnitude 6,8 à 7,0 (les sources varient légèrement) ravagea la région du Shirak, tuant des dizaines de milliers de personnes — les estimations officielles parlent d’au moins 25 000 morts, et certaines sources évoquent jusqu’à 45 000. Gyumri fut à moitié rasée. Des dizaines de milliers d’habitants perdirent leur logement et s’installèrent dans des containers métalliques provisoires — les domiki — qui devaient durer quelques mois et qui, pour beaucoup de familles, ont duré des années, voire des décennies. La reconstruction, longtemps entravée par l’effondrement économique post-soviétique et le conflit du Haut-Karabakh, reste inachevée dans certains quartiers.
Et pourtant, Gyumri ne se résume pas à sa tragédie. La ville est aussi connue dans toute l’Arménie pour son humour particulier (l’humour gyumretsi, fait d’autodérision et de répartie vive), son artisanat (poterie, tissage, travail du métal), ses musiciens de rue et son attachement farouche à ses traditions culturelles. Gyumri a quelque chose d’une ville de province d’Europe centrale à la fin du XIXe siècle : des immeubles en pierre sombre, des cours intérieures cachées derrière des porches, des cafés où les hommes jouent aux dominos en début d’après-midi.
Vols vers l’Arménie
L’aéroport international de Shirak, à quelques kilomètres de Gyumri, reçoit des vols directs depuis plusieurs villes européennes selon la saison.
Le quartier de Kumayri
Le cœur historique de Gyumri est le quartier de Kumayri (du nom de l’ancien bourg prérusse), un ensemble d’édifices en basalte noir et en tuf rouge caractéristique de l’architecture caucasienne du XIXe siècle. Les maisons à un ou deux étages, avec leurs fenêtres à ornements sculptés et leurs cours intérieures, ont pour beaucoup survécu au séisme grâce à leurs murs de pierre épais — là où les constructions soviétiques en béton se sont effondrées.
En se promenant dans Kumayri, on découvre des ateliers d’artisans (menuisiers, orfèvres, brodeurs), des galeries d’art indépendantes et des cafés installés dans des bâtisses anciennes. Le quartier est animé sans être saturé de touristes, ce qui lui confère une authenticité rare.
La place Vardanants, avec sa fontaine centrale et ses terrasses de café, est le point de rassemblement naturel de la ville. La cathédrale de la Sainte-Mère-de-Dieu (Sourb Astvatsatsin), reconstruite et consacrée en 2001 à l’emplacement d’une ancienne église du XIXe siècle détruite par le séisme, s’élève à l’une des extrémités de la place. Ses proportions monumentales et ses coupoles d’un rouge profond en font l’un des édifices les plus photographiés de la ville.
Plplan Zham et la forteresse noire
À quelques minutes à pied du centre, les ruines de Plplan Zham (la chapelle Saint-Michel-Archange) sont ce qu’il reste d’une ancienne église du XIXe siècle dont la façade et une partie des murs ont survécu au séisme, transformés en une ruine romantique en plein centre-ville. Elle a été classée monument historique et est restée en l’état, symbole silencieux de 1988.
Non loin de là, le Sev Berd (la Forteresse Noire), citadelle militaire russe construite au XIXe siècle, domine un quartier résidentiel. L’enceinte en basalte sombre est partiellement accessible et offre un point de vue sur la ville et, par temps dégagé, sur les sommets environnants. Le site fait l’objet d’une réhabilitation progressive.
Le musée Dzitoghtsyan
Pour comprendre l’histoire de Gyumri, le musée d’histoire et d’ethnographie Dzitoghtsyan est une étape incontournable. Il retrace l’évolution de la ville depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, avec une section particulièrement émouvante consacrée aux événements de 1988 : photographies, témoignages, objets retrouvés dans les décombres. Les collections ethnographiques (costumes, mobilier, outils artisanaux) donnent une bonne image de la vie traditionnelle du Shirak. Comptez 1h à 1h30 pour une visite.
🏛️ Marmashen : le monastère sur la rivière

À environ 10 à 12 km au nord de Gyumri, le long de la rivière Akhourian qui marque aujourd’hui la frontière naturelle avec la Turquie, le monastère de Marmashen est l’un des joyaux architecturaux de l’Arménie médiévale. Il est peu visité par les touristes étrangers, ce qui en fait une découverte d’autant plus précieuse.
Le complexe monastique comprend cinq églises érigées entre le Xe et le XIe siècle. La principale, le Katoghike (dédié à Sourp Stepanos, Saint Étienne), fut construit par Vahram Pahlavouni entre 988 et 1029 selon les inscriptions conservées. Elle est construite en blocs de tuf rouge-rosé soigneusement appareillés, avec un tambour cylindrique orné de niches aveugles soutenant une coupole conique — le style dit « arménien classique » dans sa forme la plus accomplie.
Le site est posé dans une légère dépression au bord de la rivière, entouré de prairies et de quelques arbres. L’Akhourian coule quelques dizaines de mètres en contrebas. De l’autre côté de la rive, on distingue les collines du territoire turc. Cette proximité avec une frontière fermée depuis 1993 donne au lieu une dimension particulière, presque mélancolique.
Accès : depuis Gyumri, la route vers Marmashen est goudronnée et bien praticable. En voiture, comptez environ 20-25 minutes. Des taxis locaux depuis Gyumri peuvent vous y amener pour une somme modique ; négociez un aller-retour avec temps d’attente si vous ne disposez pas de voiture. L’entrée du site est libre.
Location de voiture depuis Erevan ou Gyumri
Indispensable pour rejoindre librement Marmashen, Harichavank et les sites isolés du Shirak depuis Gyumri.
🕌 Harichavank : le monastère du Shirak oriental

À environ 25 à 30 km au sud-est de Gyumri, non loin de la ville d’Artik, le monastère de Harichavank est l’un des exemples les plus raffinés de l’architecture arménienne des XIIe et XIIIe siècles — et l’un des moins visités du pays.
Fondé selon la tradition au VIIe siècle, le complexe actuel doit l’essentiel de son apparence à une reconstruction et une extension menées aux XIIe-XIIIe siècles, sous le patronage des frères Zakarian (Zakare et Ivane), qui refondèrent le monastère vers 1201. Les Pahlavuni en avaient été les propriétaires précédents. L’église principale (Sourb Astvatsatsin, XIIIe siècle) se distingue par la finesse de ses décors sculptés en façade : rosaces entrelacées, frises végétales, inscriptions en écriture arménienne. L’intérieur, sobre et éclairé par de petites fenêtres hautes, dégage une atmosphère de recueillement.
Le gavit (narthex) adjacent, légèrement postérieur, est un espace couvert au plafond soutenu par des piliers de pierre. Il accueillait autrefois les pèlerins et servait de salle de réunion communautaire. Plusieurs khachkars (croix de pierre sculptées) de belle facture sont alignés le long des murs extérieurs.
Harichavank est encore peu fréquenté par les groupes touristiques, même en haute saison. On peut s’y recueillir en toute tranquillité la plupart du temps. Comptez 45 min à 1h sur place.
Accès : depuis Gyumri, la route vers Artik est praticable toute l’année. En voiture, comptez environ 30 à 40 minutes pour les 25-30 km. Il n’existe pas de liaison directe en transport collectif entre Gyumri et Harichavank ; la voiture ou une excursion organisée sont les meilleures options.
🌾 Le plateau du Shirak : l’Arménie des vents

Entre les sites monastiques et la ville, le plateau du Shirak lui-même mérite qu’on lui consacre un regard. Vaste plaine agricole s’étirant à environ 1 500-1 700 mètres d’altitude, il est entouré au nord et à l’est par les premiers contreforts du Petit Caucase. La lumière y est particulière : intense, souvent blanche, avec de grandes ombres portées par les nuages qui défilent rapidement.
Le Shirak est l’une des régions les plus froides d’Arménie en hiver (les températures peuvent descendre à -15 °C ou moins à Gyumri) et une zone agricole importante en été (céréales, légumes, élevage). Les villages qui parsèment le plateau ont gardé une architecture rurale typique du Caucase : maisons en pierre basaltique noire, cours fermées, granges en tuf.
Pour les amateurs de photographie ou simplement de paysages ouverts, une route à travers le plateau au coucher du soleil — avec les Petit-Caucase dessinés à l’horizon — offre des images saisissantes.
Excursions guidées dans l’ouest de l’Arménie
Des tours au départ d’Erevan couvrant Gyumri, Marmashen et les monastères du Shirak en une ou deux journées avec guide francophone.
🗺️ Itinéraire 2-3 jours dans l’ouest de l’Arménie
Jour 1 : Erevan → Gyumri (environ 120-130 km)
Matin : trajet Erevan-Gyumri Quittez Erevan par la M1 en direction du nord-ouest. La route traverse progressivement la plaine arararite avant de monter sur le plateau du Shirak. Le paysage change : moins de vignes et d’arbres fruitiers, plus de vastes étendues céréalières et de ciel. Arrivée à Gyumri après environ 1h30 à 2h selon le trafic.
Milieu de journée : premiers pas dans Kumayri Installez-vous dans votre hébergement, puis partez explorer le quartier historique de Kumayri à pied. La place Vardanants, la cathédrale Sourb Astvatsatsin et les ruelles alentour offrent une belle immersion dans l’atmosphère particulière de la ville. Déjeunez dans l’un des cafés du quartier historique — la cuisine de Gyumri est proche de la cuisine arménienne traditionnelle, avec une prédilection pour la viande grillée (khorovats) et les soupes roboratives.
Après-midi : musée Dzitoghtsyan et Sev Berd Consacrez l’après-midi au musée d’histoire Dzitoghtsyan pour comprendre l’histoire de la ville, puis rejoignez la forteresse Sev Berd pour un tour de remparts et une vue sur les toits de Gyumri.
Soir : dîner et artisanat local Le soir à Gyumri est tranquille mais agréable. Les ateliers d’artisans du quartier Kumayri restent parfois ouverts en début de soirée. La ville compte quelques établissements proposant musique live arménienne le week-end.
Pour le choix d’un hébergement, consultez notre guide complet où dormir à Gyumri.
Jour 2 : Marmashen et le nord du plateau
Matin : monastère de Marmashen Partez tôt (avant 9h) en direction du nord de Gyumri. En une vingtaine de minutes de route, vous arrivez au monastère de Marmashen, encore vide de visiteurs à cette heure. Prenez le temps d’en faire le tour, d’observer les détails sculptés des façades et le reflet des églises dans la rivière Akhourian en contrebas. La lumière du matin sur le tuf rosé est particulièrement belle.
Milieu de journée : retour à Gyumri, marché couvert De retour en ville, le marché couvert central de Gyumri est une bonne façon de croiser la vie quotidienne locale : légumes de saison, fromages, pain lavash frais sorti du tonir (four enterré). Déjeunez sur place ou dans une gargote des environs.
Après-midi : villages du plateau du Shirak Une route vers l’est à travers le plateau vous amène dans des villages de pierre noire typiques. Si vous avez le temps, la ville d’Artik (à environ 27 km au sud-est de Gyumri), centre d’extraction du tuf rouge, est connue pour ses ateliers de sculpture sur pierre — les artisans locaux travaillent encore le tuf de façon artisanale.
Soir : Gyumri Deuxième nuit à Gyumri.
Jour 3 : Harichavank et retour vers Erevan
Matin : monastère de Harichavank Partez tôt en direction d’Artik pour rejoindre Harichavank. La route depuis Gyumri prend environ 30-40 minutes. Visitez le monastère dans le calme du matin, en prenant le temps d’examiner les décors sculptés de la façade principale et les khachkars du gavit. Retour vers Gyumri ou poursuite directement vers Erevan.
Milieu de journée et retour Deux options : rentrer directement à Erevan par la M1 (environ 1h30-2h), ou faire une pause déjeuner à Gyumri avant de reprendre la route. Si vous rentrez par une route légèrement différente, vous pouvez passer par la vallée de la Kasagh et les ruines du monastère médiéval de Hovhannavank (dans la province d’Aragatsotn), mais cela rallonge le trajet de 30 à 40 minutes.
🧭 Informations pratiques
Comment se rendre dans l’ouest de l’Arménie ?
En voiture de location : l’option la plus flexible. Erevan dispose de nombreuses agences ; la M1 vers Gyumri est bien entretenue et la conduite y est relativement facile comparée à certaines routes de montagne du pays.
En marshrutky : des minibus collectifs partent régulièrement depuis la gare routière de Kilikia à Erevan vers Gyumri. Le trajet prend environ 2h selon les arrêts. Depuis Gyumri, d’autres marshrutky rejoignent Artik. Pour Marmashen, les options de transport collectif sont limitées ; un taxi local reste la solution la plus pratique.
En train : une ligne ferroviaire relie Erevan à Gyumri, avec des horaires limités et un trajet nettement plus long qu’en voiture (environ 4-5h). Intérêt surtout pittoresque, pas pratique pour une exploration de la région.
En excursion organisée : plusieurs agences d’Erevan proposent des circuits d’un ou deux jours dans la région de Gyumri, combinant souvent la ville avec Marmashen et les monastères du Shirak.
Où dormir ?
Gyumri dispose d’une offre d’hébergement variée : guesthouses familiales dans le quartier historique, quelques hôtels de taille moyenne, et des chambres d’hôtes en milieu rural autour de la ville. Notre guide complet où dormir à Gyumri recense les meilleures adresses pour chaque budget.
Hébergements à Gyumri
Guesthouses en quartier historique, hôtels boutique et auberges de jeunesse — des options pour tous les budgets à Gyumri.
Budget estimé pour 2-3 jours
| Poste | Budget économique | Budget confort |
|---|---|---|
| Hébergement (2 nuits à Gyumri) | 25-50 € | 60-120 € |
| Voiture de location (2-3 jours) | 60-90 € | 90-140 € |
| Carburant | 10-20 € | 10-20 € |
| Repas (2-3 jours) | 20-35 € | 40-70 € |
| Entrées et sites | 0-10 € | 0-10 € |
| Total | 115-205 € | 200-360 € |
Les prix sont indicatifs et peuvent varier selon la saison et les disponibilités.
🌤️ Quand visiter l’ouest de l’Arménie ?
Printemps (mai-juin) : période idéale. Le plateau du Shirak se couvre d’herbes et de fleurs sauvages, les températures sont douces (10-20 °C), et la lumière de fin de journée sur les monastères est exceptionnelle. La fréquentation touristique est encore raisonnable.
Été (juillet-août) : le plateau est sec et parfois chaud (25-30 °C le jour), mais les soirées restent fraîches grâce à l’altitude. Gyumri est légèrement plus fraîche qu’Erevan. Haute saison pour les excursions, mais la région reste moins fréquentée que le sud ou le nord du pays.
Automne (septembre-octobre) : très agréable. La lumière d’automne sur les grands espaces du Shirak est somptueuse, les couleurs des quelques arbres autour de Gyumri se dorent progressivement. Températures encore douces en septembre, fraîches en octobre.
Hiver (novembre-mars) : le Shirak est l’une des régions les plus froides d’Arménie. Gyumri peut être enneigée plusieurs mois. Ambiance particulière, très locale, mais conditions de conduite potentiellement difficiles sur les routes vers les monastères. Certains hébergements peuvent fermer ; renseignez-vous avant.
🔗 Pour aller plus loin
L’ouest de l’Arménie s’intègre naturellement dans un circuit de 7 à 10 jours combinant nord et sud. Notre itinéraire Arménie en 7 jours propose un séquençage cohérent qui inclut Gyumri en route vers ou depuis Erevan. Pour approfondir votre connaissance des monastères, notre guide des monastères d’Arménie présente l’ensemble des sites religieux du pays avec des infos pratiques détaillées. Enfin, pour la comparaison entre les deux grandes villes arméniennes, notre Erevan vs Gyumri donne un aperçu contrasté de leurs atmosphères respectives.
Questions fréquentes
Comment aller à Gyumri depuis Erevan ?
Gyumri se trouve à environ 120-130 km au nord-ouest d'Erevan, soit environ 1h30 à 2h de route par la M1. Il existe également un train de nuit (plusieurs fois par semaine, trajet lent, environ 4-5h) et des marshrutky (minibus collectifs) qui partent depuis la gare routière de Kilikia à Erevan. La voiture de location est l'option la plus flexible pour explorer librement les sites autour de Gyumri.
Que voir à Gyumri en 1 journée ?
En une journée bien remplie, vous pouvez explorer le quartier historique de Kumayri (maisons en basalte noir et tuf rouge, cours intérieures, ateliers d'artisans), la place Vardanants, la cathédrale de la Sainte-Mère-de-Dieu, les ruines de Plplan Zham (Chapelle Saint-Michel-Archange), et le musée d'Histoire de Dzitoghtsyan. Une demi-journée permet d'ajouter une excursion au monastère de Marmashen, à environ 10-12 km au nord.
Qu'est-ce que l'humour gyumretsi ?
Les habitants de Gyumri (les Gyumretsis) sont connus dans toute l'Arménie pour leur sens de l'humour particulier : autodérision, jeux de mots, répartie rapide. Dans un contexte de vie difficile après le séisme de 1988, cet humour est aussi une façon de tenir debout et de préserver une identité culturelle forte. On dit en Arménie qu'on reconnaît immédiatement un Gyumretsi à sa manière de parler et de plaisanter.
Le monastère de Marmashen vaut-il le détour ?
Absolument. Marmashen est l'un des plus beaux monastères d'Arménie et il est encore peu visité par rapport à des sites comme Geghard ou Noravank. Ses cinq églises en tuf rouge (Xe-XIe siècles) se dressent au bord de la rivière Akhourian dans un cadre naturel saisissant. L'accès est facile depuis Gyumri (environ 10-12 km au nord), la route est goudronnée et praticable toute l'année.
Quand partir dans l'ouest de l'Arménie ?
Le printemps (mai-juin) et l'automne (septembre-octobre) sont idéaux : températures douces sur le plateau du Shirak, lumière dorée sur les monastères, peu de touristes. L'été est chaud sur le plateau mais agréable. L'hiver est rigoureux (le Shirak est l'une des régions les plus froides d'Arménie) mais offre de beaux paysages enneigés autour de Gyumri.
Peut-on visiter la frontière avec la Turquie depuis Gyumri ?
La frontière arméno-turque est fermée depuis 1993 et les passages ne sont pas autorisés aux voyageurs. On peut toutefois apercevoir la frontière naturelle que forme la rivière Akhourian depuis certains points de vue au nord de Gyumri (notamment autour du monastère de Marmashen). La situation diplomatique entre les deux pays est en évolution, mais la frontière reste fermée à ce jour.